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Le Groenland, bientôt américain ? C'est le sujet qui obsède Donald Trump en ce moment et qui contrarie l'Europe. Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans un nouvel épisode de Learn French with the News. Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet qui secoue l'actualité mondiale. Un bras de fer entre les États-Unis et l'Europe.
Mais de quoi s'agit-il exactement ? Le président américain, Donald Trump, veut acheter le Groenland. Oui, vous avez bien entendu, acheter une île entière avec ses habitants.
Ce territoire autonome appartient aujourd'hui au Danemark. Et comme le Danemark refuse de vendre, Trump menace aujourd'hui huit pays européens, dont la France, avec des taxes sur leurs produits.
Ce qui rend également cette situation exceptionnelle, c'est que des soldats européens ont été déployés au Groenland. Leur mission : défendre le territoire contre les États-Unis, leur propre allié au sein de l'OTAN. Bien sûr, l'OTAN a déjà connu des tensions dans le passé sur des opérations extérieures aux pays membres. Mais cette fois, c'est différent.
Les Européens ne sont pas en désaccord avec Washington sur une opération extérieure. Non, ils se préparent à défendre un territoire européen face à des menaces américaines directes.
Mais comment en est-on arrivé là ? Pourquoi Trump veut-il absolument cette île ? Et qu'est-ce qui va se passer ensuite ? C'est ce que nous allons voir ensemble aujourd'hui.
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De quoi parlons-nous exactement ? On va commencer par donner un peu de contexte. Si on met de côté l'Australie, qui peut aussi être considérée comme un continent, le Groenland est l'île la plus grande du monde. Elle fait 2,2 millions de kilomètres carrés, soit quatre fois la France. Elle se trouve dans l'océan Atlantique Nord,
entre le Canada et l'Europe. Imaginez une surface immense recouverte à 80% de glace. Mais attention, le Groenland n'est pas un pays indépendant. C'est un territoire autonome qui appartient au Danemark. Concrètement, ça veut dire que les Groenlandais ont leur propre gouvernement pour les affaires locales, mais que la défense et la politique
étrangère restent gérées par Copenhague. Et combien de personnes y vivent ? Environ 56 000 personnes. Pour vous donner une idée, c'est un peu moins que la population d'une ville française comme Cannes. La majorité des habitants sont des Inuits, un peuple autochtone de l'Arctique. Mais pourquoi tout le monde s'intéresse
à ce territoire presque vide ? D'abord, sa position stratégique. Le Groenland est situé pile entre l'Amérique du Nord et l'Europe. C'est un point d'observation idéal pour surveiller l'Arctique et détecter d'éventuels missiles. Les Américains y ont d'ailleurs une base militaire depuis la guerre froide, la base de Pituffik. Ensuite, autre point intéressant,
ses ressources naturelles. Car sous la glace, il y a de véritables trésors comme des minerais indispensables à la fabrication de batteries de téléphones, de batteries de voitures électriques et des avions de chasse. Actuellement, c'est la Chine qui domine ce marché.
Contrôler le Groenland permettrait aux Américains de ne plus dépendre de Pékin. Et enfin, troisième point intéressant, c'est le réchauffement climatique.
Avec la fonte des glaces, de nouvelles routes maritimes s'ouvrent dans l'Arctique. Ces routes pourraient raccourcir considérablement les temps de trajets entre l'Asie et l'Europe.
Celui qui contrôle le Groenland contrôlera une partie de ce commerce futur. Voilà donc pourquoi cette île intéresse autant de monde.
Trump et le Groenland, une vieille histoire. L'intérêt américain pour cette île ne date pas d'hier. En 1946, juste après la Seconde Guerre mondiale, le président Harry Truman avait déjà proposé 100 millions de dollars pour acheter cette île. À l'époque, le Danemark avait évidemment déjà refusé. Donald Trump, lui, a relancé cette idée
lors de son premier mandat en 2019. À l'époque, beaucoup pensaient qu'il s'agissait d'une blague ou d'une provocation mais depuis son retour en 2025, il est devenu très sérieux sur ce sujet. Quels arguments avance-t-il ? Premièrement, la sécurité nationale.
Trump affirme que le Groenland est entouré de navires russes et chinois et que le Danemark n'est pas en capacité, n'est pas capable de le protéger. Les autorités danoises contestent cette vision alarmiste. Deuxièmement, l'indépendance économique. Avec les terres rares du Groenland, les États-Unis pourraient se libérer de leur dépendance envers la Chine
pour certains minerais stratégiques. Troisième point, tout simplement, le prestige. Certains experts pensent aussi que Donald Trump veut marquer l'histoire.
Si les États-Unis acquièrent le Groenland, ils deviendraient le deuxième plus grand pays du monde en termes de superficie, de taille, donc devant le Canada et la Chine, mais ils seraient toujours derrière la Russie. Et si les États-Unis y parvenaient dans les mois à venir, ça pourrait tomber avec le 250ᵉ anniversaire des États-Unis, qui aura lieu en juillet 2026.
Mais combien le Groenland pourrait-il exactement coûter ? NBC News rapporte que selon des experts et d'anciens responsables américains, l'estimation est d'environ 700 milliards de dollars.
Ça, ça représente plus de la moitié du budget annuel du Pentagone. C'est énorme. Mais en réalité, la question ne se pose même pas, puisque le Groenland et le Danemark ont dit non, de manière très claire et très ferme. En janvier 2025, il y a déjà un an, l'ancien Premier ministre du Groenland avait d'ailleurs déclaré : "Nous ne voulons pas être danois,
nous ne voulons pas être américains, nous voulons être groenlandais." Depuis, les élections de mars 2025 ont porté au pouvoir un nouveau Premier ministre, Jens Frederik Nielsen, du parti des démocrates. Mais malgré ce changement politique, le message reste le même.
Le Groenland n'est pas à vendre. Et c'est là que les choses ont commencé à déraper. Face au refus danois et groenlandais, Trump n'a pas abandonné.
Au contraire, il n'a fait que durcir sa position. Tout d'abord, en décembre 2025, Trump a nommé un envoyé spécial pour le Groenland, Jeff Landry, le gouverneur de Louisiane.
Quelques semaines plus tard, un opérateur privé de tourisme l'a invité à la course nationale de traîneau avec des chiens en mars. Une invitation faite sans l'accord de la Fédération groenlandaise qui l'a jugée totalement inappropriée.
L'invitation a donc depuis été retirée. Ensuite, il y a eu l'effet Venezuela. Vous vous souvenez peut-être de ma dernière vidéo de cette série Learn French with the News.
Je vous parlais de l'opération spectaculaire qu'a menée Donald Trump au Vénézuéla et de la capture, du kidnapping, du président Maduro. Ce succès semble avoir convaincu Donald Trump que l'audace et l'action unilatérale payent. Et depuis, vous l'avez compris, le Groenland semble être devenu sa nouvelle cible. La première ministre danoise, Mette Frederiksen,
avait d'ailleurs immédiatement réagi. Le 5 janvier, elle avait averti : "Si les États-Unis choisissent d'attaquer militairement un autre pays de l'OTAN, tout s'arrête, y compris l'OTAN et la sécurité instaurée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale." Face aux menaces américaines de plus en plus explicites, de plus en plus concrètes,
le Danemark a demandé de l'aide à ses alliés. Plusieurs pays ont alors répondu présent. Emmanuel Macron a annoncé sur ses réseaux sociaux que la France participerait aux exercices militaires organisés au Danemark. Une quinzaine de chasseurs alpins, ce sont des soldats d'élite spécialisés dans le combat en montagne et dans le grand froid, sont arrivés à Nuuk,
la capitale du Groenland. L'Allemagne a envoyé 13 soldats, la Norvège, 2, et la Suède, quelques officiers, ainsi que les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni.
C'est l'opération Arctic Endurance, Endurance arctique en français. Mais est-ce que ces quelques dizaines de soldats pourraient repousser l'armée américaine ?
Bien sûr que non, évidemment. Mais leur présence a une fonction symbolique très forte. Si les Américains tentaient quoi que ce soit, ils se retrouveraient face à des soldats français, britanniques ou encore allemands. Et ça, politiquement, ça paraît complètement impensable.
Arrive ensuite le chantage économique. Nous sommes le 17 janvier 2026 et Trump n'a évidemment pas apprécié l'arrivée de soldats européens au Groenland.
Sur son réseau social, Truth Social, il a publié un long message assez menaçant. Voilà ce qu'il a annoncé. À partir du 1ᵉʳ février 2026, huit pays européens devront payer 10% de taxes sur tous leurs produits exportés aux États-Unis.
Les pays visés, le Danemark, la Norvège, la Suède, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Finlande et bien sûr, la France. Et ce n'est pas tout.
Au 1ᵉʳ juin, ces taxes passeraient de 10 à 25%. Et ces sanctions resteraient en place jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé pour l'achat total et complet du Groenland. C'est ce qu'on appelle du chantage, ni plus ni moins. Parlons maintenant de la réponse des Européens.
Au-delà d'avoir envoyé quelques soldats sur le territoire groenlandais, évidemment, il y a eu des réactions. Emmanuel Macron n'a pas mâché ses mots.
Sur X, anciennement Twitter, il a déclaré : "Aucune intimidation ni menaces ne sauraient nous influencer. Les menaces tarifaires sont inacceptables et n'ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée." La Première ministre danoise a répété son avertissement : "Une attaque américaine
sur le Groenland signerait la fin de l'alliance atlantique telle qu'on la connaît depuis 1949." Des milliers de personnes ont manifesté à Nuuk, accompagnées par le Premier ministre groenlandais, mais également à Copenhague. Les slogans étaient clairs.
Le Groenland n'est pas à vendre. Selon un sondage récent, 85% des Groenlandais sont contre l'achat de leur île par les Américains. Et seulement 6% y seraient favorables.
L'Union européenne a mis en garde contre une spirale dangereuse. Le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ont publié un communiqué commun appelant à défendre la souveraineté européenne. Mais l'Europe n'est pas totalement démunie
face à ces menaces économiques de Washington. Elle dispose d'un outil puissant. L'instrument anti-coercition, surnommé le bazooka commercial de Bruxelles.
Mais de quoi parlons-nous exactement ? Ce mécanisme adopté en 2023 a été conçu spécifiquement pour ce type de situation, donc des situations dans lesquelles un pays tiers exercerait une pression économique pour forcer l'Europe à changer sa politique. C'est exactement ce qui se passe ici. Et qu'est-ce qu'il permet
de faire ce bazooka commercial ? Premièrement, d'imposer des taxes aux produits américains en guise de représailles. Deuxièmement, de bloquer l'accès des entreprises américaines au marché public européen. Et troisièmement, de restreindre les investissements américains en Europe. Emmanuel Macron a demandé l'activation
immédiate de cet instrument. Un sommet d'urgence des dirigeants européens est d'ailleurs prévu cette semaine à Bruxelles. Et aux États-Unis ? Aux États-Unis, la politique de Donald Trump ne fait pas l'unanimité. Une délégation de sénateurs, à la fois républicains et démocrates, s'est d'ailleurs rendue à Copenhague pour rassurer les Danois.
La sénatrice républicaine Lisa Murkowski, qui représente l'Alaska, a déclaré publiquement que ce n'était pas une bonne idée. Et selon un sondage, 75% des Américains seraient contre cet achat du Groenland. Mais l'administration Trump continue sur sa lancée.
Le secrétaire d'État, Marco Rubio, affirme que cette acquisition reste une haute priorité. Et maintenant, c'est un peu difficile de prédire l'avenir, évidemment, mais trois scénarios se dessinent. Le premier, le scénario du compromis.
D'un côté, on aurait les États-Unis qui renonceraient à acheter le Groenland et d'un autre, en échange, le Danemark qui leur accorderait un bail longue durée, de 99 ans, par exemple, pour construire de nouvelles bases militaires et exploiter certaines mines. Trump pourrait alors annoncer une victoire
sans violer formellement la souveraineté de ce territoire danois. Deuxième scénario, c'est celui de la guerre commerciale. Imaginons que les taxes de 10% entrent en vigueur au 1ᵉʳ février 2026.
L'Europe activerait alors son bazooka commercial et taxerait donc les produits américains en retour. Les deux économies se mettraient donc à souffrir et la confiance entre des alliés de longue date serait brisée. Et troisième scénario, le pire, c'est celui où les États-Unis tenteraient une action militaire pour sécuriser le Groenland.
Les soldats européens se retrouveraient face aux soldats américains et potentiellement, ça pourrait aller jusqu'à la fin de l'OTAN. Ce dernier scénario, bien sûr, semble assez peu probable, mais dans le contexte actuel, qui sait ? En conclusion, cette affaire dépasse largement une simple dispute pour un territoire. Elle révèle un changement profond dans l'ordre mondial.
En 1949, l'OTAN a été fondée sur une idée simple. Et on retrouve d'ailleurs parmi les membres fondateurs, les États-Unis et la France. Cette idée, c'est que toute attaque armée contre l'un des membres de l'OTAN serait considérée comme une attaque contre tous les membres.
En cas d'agression, les autres membres s'engageraient alors à défendre, à apporter une assistance militaire à la nation attaquée. Ce pacte, il a tenu pendant la guerre froide, pendant la guerre en Irak ou encore pendant la guerre en Afghanistan.
Mais aujourd'hui, pour la première fois, il est menacé puisque des soldats européens ont été déployés sur un territoire européen pour le protéger face à Washington.
Vous l'avez compris, les prochaines semaines seront donc décisives. Le 1ᵉʳ février approche d'ailleurs à grands pas. Les taxes entreront-elles en vigueur ?
L'Europe va-t-elle riposter ? Un compromis sera-t-il trouvé ? Une chose est sûre, le monde que nous connaissons actuellement est en train de changer sous nos yeux. Voilà, cette vidéo est terminée. J'espère que vous avez pu en apprendre plus sur cette affaire. En tout cas, si vous la connaissiez
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