Revoir la vidéo
📄
Télécharger la fiche PDF
Vocabulaire + exercices de la vidéo
Sous-titresClique sur un mot pour le sauvegarder
0:00Le Premier ministre français a remis sa démission après un vote à l'Assemblée nationale ce lundi.
0:07En parallèle, la France connaît une période de fortes tensions sociales.
0:13Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Learn French with News.
0:19Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet très important en France.
0:23C'est vraiment le sujet du moment. C'est le vote de confiance qui s'est
0:28tenu ce lundi à l'Assemblée nationale. Comme d'habitude, vous avez accès à une fiche
0:33qui reprend l'ensemble des mots de cette vidéo pour pouvoir les réviser.
0:40Tout d'abord, un petit peu de contexte. François Bayrou est, enfin était,
0:47Premier ministre depuis décembre 2024. Il avait été nommé par Emmanuel Macron,
0:53le président de la République. C'est comme ça que ça se passe en France.
0:57Le président nomme le Premier ministre et le Premier ministre nomme son gouvernement.
1:02Il choisit ses ministres. François Bayrou a lancé un pari politique assez risqué.
1:07Il a tenté un véritable coup de poker. Le 25 août dernier,
1:12il a pris la décision d'engager la responsabilité de son gouvernement dans le cadre
1:18d'un vote de confiance. Pour cela, il a choisi la procédure prévue par l'article 49, alinéa 1.
1:26En effet, ce mécanisme permet au Premier ministre de demander aux députés de voter pour ou contre un
1:34programme ou un budget sans discussion préalable. Et s'il perd ce vote, il doit démissionner,
1:42il doit remettre sa démission. Et c'est exactement ce qui est arrivé hier.
1:47Pour rappel, l'Assemblée nationale, c'est une des deux chambres du Parlement français.
1:52On a l'Assemblée nationale et le Sénat. L'Assemblée nationale,
1:56elle va être constituée des députés qui ont été élus par les citoyens,
2:01dans le cadre d'élections législatives. Je vous le disais, ce pari, il était un peu audacieux.
2:07François Bayrou, qu'est-ce qu'il voulait faire ? Il voulait surtout forcer tout le monde,
2:11forcer les députés à reconnaître l'urgence par rapport à la dette de la France.
2:18Il voulait que tout le monde reconnaisse l'urgence de réduire la dette publique française.
2:24Aujourd'hui, cette dette, elle a atteint 3 300 milliards d'euros.
2:30La dette publique, c'est l'argent que l'État emprunte et doit rembourser avec des intérêts.
2:36Et ces intérêts, ces derniers mois, ils ont beaucoup augmenté.
2:40Bayrou a donc proposé, avec son budget, un plan d'économie de 44 milliards.
2:46L'objectif, c'était de maîtriser cette dette. Cependant, cette politique d'austérité,
2:52cette politique d'économie, elle est très impopulaire parce qu'elle risque
2:56de réduire les services publics, les salaires des fonctionnaires,
3:00les aides sociales et donc, bien sûr, de perturber la vie des citoyens.
3:04C'est pourquoi les partis d'opposition, comme par exemple les partis de gauche
3:09ou le Rassemblement National, ils étaient contre ce budget. Ils s'opposaient fermement à ce plan
3:15et donc bien sûr, ils ont voté contre. Même certains alliés traditionnels, donc des
3:19partis centristes, ils étaient assez hésitants. Ils n'ont pas tous donné leur confiance
3:25à François Bayrou et à son gouvernement. Finalement, d'ailleurs, le résultat,
3:30il est sans appel, avec 364 votes contre et seulement 190 pour.
3:37Vous l'avez compris, le Premier ministre a été désavoué par une large majorité.
3:47Quel scénario possible après la chute du gouvernement et la démission de François Bayrou ?
3:53Dans ce cas de figure, Emmanuel Macron, le président, a trois options.
3:58La première, refuser la démission du Premier ministre ou la différer, donc la décaler.
4:06Dans ce cas, alors, le Premier ministre et son gouvernement restent en place.
4:11Deuxième option, il peut accepter cette démission et alors nommer un nouveau Premier ministre,
4:17un Premier ministre qui va à son tour former son gouvernement.
4:21Mais il faut bien comprendre que dans le contexte actuel, réussir à trouver une majorité,
4:28ça peut être assez compliqué. C'est le troisième scénario le plus risqué.
4:31Troisième option, Macron pourrait dissoudre l'Assemblée nationale.
4:37Et cette décision, quand elle est prise, elle entraîne des élections législatives
4:43anticipées, donc un vote des citoyens qui devraient revoter pour élire des nouveaux députés.
4:50C'est un pari politique assez important, car il n'est pas certain que les résultats lui
4:55soient favorables, donc soient favorables à la politique du président.
4:59Par rapport à cette troisième option, il faut rappeler que c'est déjà arrivé durant ce quinquennat.
5:05Emmanuel Macron avait organisé des élections législatives anticipées en juin et juillet 2024,
5:14En général, L'objectif de cette mécanique, c'est d'obtenir une majorité beaucoup plus claire
5:20ou d'avoir une assemblée qui correspond plus, qui colle plus aux aspirations des citoyens.
5:27Sous la Cinquième République, la dissolution de l'Assemblée, elle est arrivée six fois,
5:32notamment sous Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac et Emmanuel Macron.
5:37Je vous le disais, c'est un outil politique assez puissant, mais également qui peut
5:42s'avérer contre-productif. C'est un peu ce qui s'est passé, malheureusement, début de l'été 2024,
5:51puisqu'on s'est retrouvé avec une Assemblée nationale divisée en plus ou moins trois blocs.
6:02Trois blocs égaux, trois blocs de la même taille. Il n'y a pas eu une majorité qui s'est vraiment
6:09dégagée dans le cadre de ces nouvelles élections. Donc, quel choix a fait Macron cette fois ?
6:18Petite précision, je tourne cette vidéo, nous sommes mardi 9 septembre,
6:22en début d'après-midi, et François Bayrou a remis sa démission à Emmanuel Macron.
6:31Une démission qu'il a acceptée. À priori, il a choisi l'option deux.
6:36Il devrait donc nommer un nouveau Premier ministre dans les prochains jours. Ce serait le quatrième
6:43depuis les élections législatives de juillet 2024. Donc, le quatrième depuis la dissolution en 2024,
6:51depuis un petit peu plus d'un an. Ça, c'est quand même assez symptomatique d'une
6:56France politiquement malade, si on peut utiliser cette expression. C'est le signe d'une
7:01instabilité politique majeure. Faisons un point maintenant sur les tensions
7:09sociales qui ont lieu en ce moment en France. Des grèves sont prévues dans les prochains jours.
7:14Et notamment, mercredi 10 septembre. Cette grève, elle est appelée "Bloquons tout".
7:21C'est un mouvement qui, initialement, au début, à la base, a été lancé sur les réseaux sociaux.
7:26Cette initiative, elle appelle à bloquer les transports, à bloquer les routes, à bloquer
7:31les écoles, les aéroports, etc. Plusieurs syndicats très importants du pays ont
7:37décidé de participer à cette grève, notamment dans les transports et dans les services publics.
7:42Les services publics, ce sont les services qui sont assurés par l'État.
7:45Cette journée devrait provoquer pas mal de blocage en France et notamment dans les grandes villes.
7:50La deuxième journée importante de grève, elle est prévue le 18 septembre,
7:55donc une semaine plus tard. Cette grève, elle est principalement portée
7:58par les syndicats et ils veulent protester contre les mesures d'austérité budgétaires.
8:04Dans les mesures d'austérité qui étaient prévues par le gouvernement Bayrou,
8:09il y avait notamment la suppression de jours fériés, le gel des salaires.
8:14Ça veut dire que des salaires n'allaient pas augmenter, notamment dans la fonction publique.
8:18Différentes coupes budgétaires dans les services publics ou encore la baisse des pensions.
8:23Ces deux journées de mobilisation, elles montrent la forte opposition
8:27sociale aux réformes budgétaires en cours. Évidemment, même si là,
8:33il y a eu un vote contre le budget, on comprend quand même que c'est le type de politique économique
8:40vers lesquelles se dirige le pouvoir en place. À voir, bien sûr, comment évoluent ces journées
8:46de mobilisation en fonction des décisions d'Emmanuel Macron. Mais quoi qu'il en soit,
8:52Emmanuel Macron devra prendre la meilleure décision pour essayer de stabiliser un peu
8:59la situation politique et sociale du pays. N'hésitez pas à me poser vos questions
9:04en commentaire si vous avez des questions, que ce soit sur le français ou sur la situation
9:09actuelle en France. Si vous avez aimé la vidéo, que vous aimez ce
9:14format, pensez bien sûr à mettre un j'aime. Vous savez que c'est très important pour moi,
9:18pour mon travail, pour qu'il ressorte un peu dans YouTube.
9:23Merci à vous et je vous dis à très, très vite.