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On vient à Paris pour voir le Louvre, Montmartre, la Tour Eiffel, se promener le long de la Seine ou boire un café en terrasse. Mais derrière cette image de carte postale, Paris possède une histoire beaucoup plus sombre. La capitale a été le théâtre d'affaires criminelles, parfois tellement incroyables qu'on pourrait croire qu'elles ont été inventées pour un film.
Comme d'habitude, vous avez accès à une fiche de vocabulaire gratuite pour réviser les mots que nous allons voir dans cette vidéo. Il vous suffit de vous inscrire gratuitement sur ma plateforme en ligne ecole. hellofrench. com. Vous allez voir, nous n'allons pas parler que de meurtres. On va parler d'un kidnapping avec une demande de rançon,
d'une fille qui a empoisonné ses parents, d'un gang qui braquait des banques, d'une ogresse ou encore d'un médecin qui profitait de l'occupation allemande pour attirer ses victimes.
Et nous terminerons par l'une des plus grandes énigmes criminelles françaises. Salut Jean, je viens de regarder une vidéo sur 10 crimes qui se sont passés à Paris et j'aimerais pratiquer mon français en en parlant avec toi. Oui, raconte-moi le crime qui t'a le plus marqué dans la vidéo. Celui qui m'a le plus marqué, c'est celui de la fille
qui a empoisonné ses parents. Oui, c'est une affaire assez glaçante. Tu sais pourquoi elle les a empoisonnés ? Il y a deux hypothèses, soit pour leur voler de l'argent, soit pour se venger de son père. Oui, ces deux hypothèses changent complètement la lecture de l'affaire. Le vol paraît calculé, tandis que la vengeance suggère
un conflit familial profond. Ce que je viens de vous montrer, c'est une fonctionnalité de mon cours, 360 French Immersion. Je discutais avec Jean. C'est une grenouille avec laquelle vous pouvez pratiquer votre français. Vous pouvez parler avec lui de tout et de rien. Il va vous relancer et à la fin de la conversation, il va faire un bilan où il va vous
indiquer les erreurs, par exemple, que vous avez commises. Aujourd'hui, si vous le souhaitez, vous pouvez discuter avec lui du thème de cette vidéo, sur les crimes. Profitez-en car vous avez sept jours d'essai gratuit. Vous pouvez tester Jean, mais également toutes les autres fonctionnalités de mon cours. En tout cas, c'est vraiment un cours
qui va vous permettre de pratiquer le français de la vie de tous les jours, le français qui est vraiment parlé par les natifs en France. Je vous le répète, vous avez sept jours d'essai gratuit. Je vous mets le lien pour y accéder dans la description de la vidéo.
Commençons par une histoire qui se déroule à la fin du XIXᵉ siècle. Avec une disparition, un cadavre retrouvé à plusieurs centaines de kilomètres de Paris et une mystérieuse malle.
Nous sommes en juillet 1889. Paris est en pleine exposition universelle. La Tour Eiffel vient d'être inaugurée et un homme appelé Toussaint-Augustin Gouffé disparaît.
Gouffé est huissier de justice à Paris. Puis, le 13 août, à Milléry, près de Lyon, un ouvrier chargé de l'entretien des routes découvre un sac avec une odeur horrible, avec une odeur insupportable. À l'intérieur se trouve le corps d'un homme.
Et non loin de là, les enquêteurs, la police, retrouvent également une grande malle. Ils comprennent rapidement que le corps a probablement été transporté à l'intérieur.
Mais il y a un problème. Le cadavre est dans un tel état qu'il est impossible de l'identifier. Les enquêteurs font donc appel à un célèbre médecin de l'époque, Alexandre Lacassagne.
C'est l'un des pionniers de la médecine légale en France. C'est un médecin légiste. Ce sont les personnes qui analysent les cadavres des personnes qui sont décédées pour, par exemple, comprendre les causes de leur mort. Petit à petit, plusieurs indices permettent de relier ce cadavre à l'homme disparu à Paris. La victime est bien Gouffé. L'enquête se concentre
alors sur deux suspects. Michel Eyraud et Gabrielle Bompard. Ils ont disparu eux aussi. Le couple a quitté la France et traversé l'Atlantique. Puis, contre toute attente, Gabrielle Bompard revient à Paris. En janvier 1890, elle se présente elle-même à la préfecture de police. Michel Eyraud, lui, continue sa fuite.
Il sera finalement arrêté quelques mois plus tard à la Havane, à Cuba. Mais cette affaire va devenir célèbre pour une autre raison. Lors du procès, l'avocat de Gabrielle Bompard va affirmer qu'elle a été sous l'emprise, sous l'influence de Michel Eyraud et notamment sous son influence hypnotique. Oui, vous avez bien entendu. À la fin du XIXᵉ siècle,
l'hypnose fascine le public et divise les médecins. Ça signifie qu'ils ne sont pas tous d'accord. Certains pensent qu'il est totalement impossible de pousser une personne hypnotisée au crime, à commettre un crime, et d'autres pensent que c'est tout à fait possible.
Et tout à coup, le procès d'un meurtre se transforme en véritable débat scientifique. Peut-on tuer quelqu'un parce qu'une autre personne nous a hypnotisés ?
La justice ne retient finalement pas cette défense, donc ça n'a pas vraiment aidé Gabrielle Bompard, qui va écoper d'une peine de 20 ans de travaux forcés.
Elle est condamnée à 20 ans de travaux forcés. Michel Eyraud, quant à lui, sera condamné à mort et il sera guillotiné en 1891. Notre deuxième histoire ne concerne pas un meurtrier. Elle concerne des hommes qui, dans les années 80, transformaient des braquages en véritables spectacles. À partir de 1981, plusieurs banques parisiennes sont
attaquées selon un mode opératoire très particulier. Les braqueurs arrivent en pleine journée et ils ne ressemblent absolument pas à l'image classique des gangsters. Ils portent des perruques, des fausses moustaches, des fausses barbes, des lunettes et des chapeaux.
Ils peuvent être déguisés en bourgeois du XVIᵉ arrondissement et parfois de manière plus originale. Des employés de banque raconteront même avoir vu apparaître un faux rabbin ou un faux pilote de ligne. La presse trouve rapidement le surnom parfait pour cette équipe : le Gang des Postiches. Un postiche, en français, c'est un mot qu'on utilise pour parler
d'une fausse chevelure, d'une perruque. On peut porter un postiche. Mais leur originalité ne s'arrête pas au déguisement. Ils ne cherchent pas simplement à récupérer l'argent qui se cache derrière les guichets. Ils veulent avoir accès aux comptes des clients privés.
Ils veulent accéder aux coffres privés des clients. Dans les banques, vous avez des coffres. Une partie du groupe surveille donc les employés de la banque et les clients présents pendant que les autres descendent dans la salle des coffres et ils les ouvrent les uns après les autres.
Ils récupèrent de l'argent, des bijoux, des pièces d'or ou encore des lingots. Pendant plusieurs années, ils vont multiplier les braquages, les opérations dans Paris et sa région et accumuler un butin énorme. Ils deviennent l'un des gangs les plus célèbres de France.
Mais en janvier 1986, tout bascule. Lors d'un braquage dans le 16ᵉ arrondissement à Paris, la police intervient. Une fusillade éclate et un policier et l'un des braqueurs meurent.
Pour les postiches, c'est le début de la fin. Et pourtant, l'histoire de leur argent va perdurer bien après la disparition du gang. Pendant leur cavale, certains membres cachent une partie de leur butin, de leur part. Notamment de l'or.
Et pour cela, ils choisissent un endroit un peu particulier, un peu étonnant, un cimetière. Un cimetière, c'est là où on enterre les morts. Quelques années plus tard, l'existence de cette cachette, de ce butin, arrive aux oreilles d'un prisonnier.
Et ce prisonnier s'appelle Michel Fourniret, celui qui deviendra l'un des tueurs en série les plus connus de France. Je ne sais pas si vous le connaissez, mais il y a notamment un documentaire Netflix sur lui. Mais par contre, je vous conseille d'avoir le cœur et les nerfs bien accrochés. C'est un documentaire assez difficile à regarder car ça parle
notamment de meurtres d'enfants. Avec l'aide de sa compagne, Monique Olivier, il va récupérer une partie de ce butin. Donc oui, l'histoire du gang des postiches commence par des braqueurs déguisés et finit par croiser celle d'un tueur en série. Même un scénariste de film aurait probablement hésité à inventer une histoire pareille. Revenons maintenant au début du XXᵉ siècle.
Et cette fois-ci, le personnage central de cette histoire est une femme qui s'appelle Jeanne Weber. À l'époque, elle vit dans le quartier populaire de la Goutte d'Or, à Paris.
C'est un quartier qui est assez proche de la gare du Nord. Entre 1905 et 1908, plusieurs enfants décèdent, meurent dans son entourage. Parmi eux se trouvent notamment des enfants de sa propre famille. Et un détail commence à inquiéter.
Plusieurs de ces enfants étaient seuls avec Jeanne Weber peu de temps avant leur mort. Des marques sont également observées sur certains cous des enfants.
La justice finit donc par s'intéresser sérieusement à elle. En 1906, Jeanne est jugée à Paris. Dans la presse, elle sera notamment surnommée l'Ogresse de la Goutte d'Or.
Les ogres, dans les contes, ce sont des personnages qui dévorent, qui mangent la chair humaine et notamment celle des enfants. Un ogre, c'est le mot masculin et une ogresse, c'est le mot féminin.
Elle va être jugée en 1906, mais à l'époque, la médecine légale ne permet pas d'établir clairement les causes des décès et les experts ne sont pas d'accord entre eux. Donc, faute de preuve, Jeanne Weber est acquittée, donc elle ne sera pas condamnée. Elle sort libre du tribunal, mais le problème, c'est que les morts étranges ne vont pas s'arrêter là. Après son acquittement,
Jeanne quitte Paris, elle change de nom et elle va être amenée, dans le cadre de son travail, à côtoyer des enfants. Elle travaille auprès d'enfants. Et de nouvelles morts suspectes vont se produire. Puis arrive 1908. Cette fois, Jeanne Weber est découverte à côté d'un enfant qui a été étranglé. L'affaire explose de nouveau
dans la presse et l'Ogresse de la Goutte d'Or devient l'une des criminelles les plus célèbres de France. Aujourd'hui, la BNF, la Bibliothèque nationale de France, la présente comme une tueuse en série à laquelle sont attribués dix meurtres d'enfants.
Mais il faut souligner un élément essentiel, elle n'a jamais été condamnée pour ces dix meurtres. Après les faits de 1908, Jeanne Weber a été déclarée irresponsable en raison de son état mental et elle a été internée. Ça signifie qu'elle a été placée en hôpital psychiatrique, donc elle n'est pas allée en prison. Aujourd'hui, Jeanne Weber reste particulièrement
connue sous le nom, sous le surnom plutôt, que lui avait donné la presse, donc l'Ogresse de la Goutte d'Or. Parlons maintenant du docteur Petiot et de son faux réseau d'évasion. Nous sommes à Paris en 1944 et la France est occupée par l'Allemagne nazie. Pour certaines personnes, quitter le
pays est une question de vie ou de mort. Et ça, le docteur Petiot va très bien le comprendre et il va en tirer avantage. Il va en profiter. Des Juifs cherchent à échapper aux persécutions, des personnes recherchées cherchent également à fuir. Le docteur Petiot va alors proposer de les aider. Il prétend posséder un réseau clandestin capable d'organiser
leur départ de France. Selon son histoire, il pourrait les aider à rejoindre l'Amérique du Sud. Évidemment, tout cela doit rester secret. Les personnes intéressées doivent venir avec leur argent et leurs biens. Les biens, c'est les choses qu'ils possèdent.
Puis, elles disparaissent, mais vous vous en doutez, elles n'arrivent jamais en Amérique du Sud. Le 11 mars 1944, les voisins d'un hôtel particulier, situé au 21 rue Le Sueur, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, remarquent quelque chose d'anormal.
Une étrange fumée sort de la cheminée et une odeur insupportable se répand dans le quartier. La police et les pompiers interviennent. À l'intérieur de la propriété de Marcel Petiot, ils découvrent des restes humains. Certains ont été brûlés, d'autres ont été placés dans de la chaux. Les enquêteurs comprennent qu'ils
viennent de tomber sur l'un des crimes les plus glaçants de toute l'histoire criminelle parisienne. Petiot, lui, parvient d'abord à disparaître et la suite est presque difficile à croire.
Il va réapparaître sous une fausse identité après la Libération et va essayer de faire croire qu'il était un résistant. Donc, l'homme cherché pour une série de meurtres prétend avoir combattu pour la France contre l'Allemagne nazie. Il va être finalement reconnu et arrêté le 31 octobre 1944.
Son procès commence en 1946 et Marcel Petiot va défendre une version complètement différente de celle des enquêteurs. Il admet avoir tué, mais uniquement des Allemands et des collabos, donc des collaborateurs, des personnes qui auraient aidé l'Allemagne nazie.
Il aurait donc agi pour la résistance. Il va même revendiquer 63 meurtres. Bien sûr, vous l'avez compris, la réalité est bien moins héroïque.
À l'inverse, il attirait des personnes vulnérables pour les voler. Il est jugé pour 27 assassinats et il sera finalement condamné à mort pour 24 meurtres.
Le 25 mai 1946, Marcel Petiot sera guillotiné. Nous sommes désormais en août, 1933, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, où vit une famille tout à fait ordinaire.
Le père, Baptiste Nozière, travaille pour les chemins de fer. Les chemins de fer, ce sont les trains, la SNCF. Sa femme s'appelle Germaine et ils ont une fille de 18 ans, Violette.
Le 21 août, Violette donne à ses parents un médicament contenant du Véronal, un somnifère puissant. Ce qu'elle leur donne n'est pas une dose normale. Elle leur donne en grande quantité.
Son père meurt et sa mère va survivre. Puis, Violette quitte l'appartement en emportant de l'argent. Pendant quelques jours, elle essaye d'échapper à la police, mais le 28 août, elle est arrêtée.
L'histoire pourrait presque s'arrêter ici. Une jeune femme empoisonne ses parents pour leur voler de l'argent. Sauf que Violette va faire une déclaration qui va complètement transformer l'affaire. Elle accuse son père d'avoir abusé sexuellement d'elle pendant plusieurs années. Cette accusation est évidemment extrêmement importante dans cette affaire.
Mais il faut être précis, c'est une accusation qui n'a jamais vraiment été établie judiciairement. Et la mère de Violette, quant à elle, va totalement contester l'accusation. Donc, c'est ici que la France va être divisée. Pour une partie de l'opinion publique, Violette est une jeune femme manipulatrice, menteuse et dangereuse, mais pour d'autres, c'est une victime qui s'est
rebellée contre un père violent. Et d'ailleurs, un groupe va particulièrement prendre sa défense, Les surréalistes, parmi lesquels on retrouve, par exemple, André Breton, le poète Paul Éluard ou encore René Char, qui voient en elle une figure de révolte contre la famille traditionnelle et la société bourgeoise. En octobre 1934, Violette Nozière est
jugée et reconnue coupable, et la sentence tombe : la peine de mort. La jeune fille n'a que 19 ans, mais elle ne sera finalement pas exécutée.
Le président de la République, Albert Lebrun, va transformer sa condamnation. Et puis, sa peine va progressivement être réduite. Elle finira par sortir de prison en 1945.
Elle se marie, va avoir des enfants et l'histoire va connaître un rebondissement très rare. Des années plus tard, en 1963, elle va être réhabilitée par la justice.
Qu'est-ce que ça signifie exactement ? Ça ne veut évidemment pas dire que son crime n'a jamais existé. Elle a bien empoisonné ses parents et son père est mort.
Ça signifie que son casier judiciaire est effacé et qu'on lui rend les droits dont la condamnation l'avait privée. Cette affaire reste assez fascinante parce qu'elle ne concerne pas uniquement un crime, mais elle raconte aussi la société française dans les années 30, avec la place des femmes, la sexualité,
l'autorité des parents ou encore le pouvoir de la presse. Et la manière également dont un ou une criminelle peut être vu(e) comme un monstre par certains et comme une victime par d'autres. Nous allons désormais parler de l'affaire Steinheil, un double meurtre qui n'a jamais été élucidé. Nous sommes le 31 mai 1908.
Dans une maison située dans une impasse du 15ᵉ arrondissement de Paris, deux personnes sont retrouvées mortes : le peintre Adolphe Steinheil et sa belle-mère.
Mais une troisième personne est vivante : Marguerite, la femme du peintre. Elle est retrouvée attachée. Elle raconte aux enquêteurs qu'un groupe de personnes s'est introduit dans la maison durant la nuit. Selon elle, les agresseurs ont tué son mari et sa mère avant de la ligoter. Mais les policiers commencent
rapidement à douter de cette histoire. Ses déclarations changent, certains détails semblent être contradictoires, donc opposés, et surtout, Marguerite Steinheil est loin d'être une inconnue.
Quelques années plus tôt, elle avait entretenu une relation avec le président de la République, Félix Faure. Et elle se trouvait à l'Élysée le jour où celui-ci est mort brutalement en 1899. Vous imaginez donc l'effet sur la presse. Une ancienne maîtresse du président de la République, son mari et sa mère assassinés, elle retrouvée ligotée. Et une histoire qui change
au fil des interrogatoires. C'est le fait divers parfait pour la presse. Mais cette affaire est également très intéressante dans l'histoire de police scientifique.
Les enquêteurs prennent des photographies extrêmement précises. Ils révèlent de nombreuses empreintes et on utilise les techniques les plus modernes de l'époque sur cette affaire. Et pourtant, aucune preuve décisive n'apparaît.
Mais Marguerite Steinheil est finalement arrêtée. En 1909, son procès devient un événement national. La presse et une partie du public sont convaincus qu'elle cache quelque chose.
Mais bien sûr, une cour de justice ne doit pas condamner quelqu'un parce que son histoire paraît étrange. Elle doit condamner sur base de preuves et ces dernières manquent. Marguerite Steinheil est donc acquittée.
C'est une histoire dans laquelle presque tout paraît suspect, mais où rien n'a jamais suffi pour prouver la culpabilité de la principale accusée. C'est pour ça que plus d'un siècle plus tard, c'est une histoire qui continue de fasciner. La Bande à Bonnot, les bandits qui allaient plus vite que la police. Imaginez Paris en 1911. Les voitures existent,
mais ce n'est pas encore la norme. Elles restent relativement rares. Les policiers, eux, évidemment, ne disposent pas de véhicules rapides, de radio ou de toutes les technologies modernes que nous avons aujourd'hui. Et un groupe de criminels va comprendre quelque chose avant tout le monde. Une automobile peut devenir une arme extrêmement efficace
pour commettre des braquages. Le 21 décembre 1911, rue Ordener, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, des hommes attaquent des employés de la Société Générale, c'est une banque, qui transportent de l'argent. Des coups de feu sont tirés, les criminels montent dans une voiture et disparaissent. Le public découvre ceux que la presse va
bientôt appeler "les bandits en auto" et deviendront plus tard beaucoup plus célèbres sous le nom La Bande à Bonnot. Jules Bonnot et ses complices appartiennent au milieu des anarchistes illégalistes. Ils rejettent la société capitaliste et justifient le vol comme une forme de révolte. Mais leurs actions sont également extrêmement violentes.
Ils volent des voitures puissantes, ils attaquent, ils tirent et puis ils utilisent la vitesse de leur véhicule pour semer la police. Aujourd'hui, bien sûr, cela paraît presque banal que des bandits, que des criminels utilisent des voitures pour s'enfuir, c'est tout à fait normal. Mais en 1911, c'est une nouvelle forme de criminalité.
La police doit s'adapter et le public, via la presse, suit chaque étape de cette chasse à l'homme. Jules Bonnot va devenir une sorte de célébrité criminelle. En avril 1912, la police va finir par découvrir où se cache Jules Bonnot, à Choisy-le-Roi, en banlieue parisienne.
Bonnot est armé, il refuse de se rendre. La police va encercler le bâtiment. Des renforts arrivent et des centaines de curieux viennent pour observer la scène.
Après plusieurs heures, les forces de l'ordre ont même utilisé des explosifs pour pouvoir entrer. Bonnot va être mortellement blessé, donc il va mourir dans l'intervention de la police.
Quelques semaines plus tard, dans une autre intervention de la police, deux autres membres du groupe vont également perdre la vie. Le procès des survivants de la bande va débuter en 1913 et trois d'entre eux vont être condamnés à mort. Ils vont être guillotinés.
La Bande à Bonnot n'a été active que durant une période très courte, mais elle a profondément marqué le public et l'imaginaire français, parce qu'elle amorce quelque chose de nouveau, une criminalité moderne où la technologie permet aux criminels d'aller plus vite que ceux qui les poursuivent. Nous sommes désormais le 23 janvier 1978.
Il est environ 10h00 du matin. Édouard-Jean Empain quitte son domicile parisien. Le baron Empain est l'un des hommes d'affaires les plus puissants d'Europe.
Son groupe industriel emploie des dizaines de milliers de personnes. Sa voiture vient à peine de quitter son domicile lorsque son chauffeur est obligé de s'arrêter, de stopper le véhicule. Une camionnette bloque la route. Des hommes armés surgissent.
Ils sortent le baron de sa voiture et ils l'enlèvent. Ils le kidnappent. En quelques secondes, l'un des plus grands patrons français vient de disparaître en plein jour à Paris.
L'affaire fait immédiatement la une des journaux. Qui a enlevé le baron ? Est-ce que c'est un groupe politique, des terroristes, des criminels qui veulent de l'argent ?
Quelques jours plus tard, la réponse arrive : les ravisseurs demandent une rançon. Les ravisseurs, c'est les personnes qui ont kidnappé le baron. Et pour prouver à la famille Empain que le baron est bien entre leurs mains, qu'il est bien avec eux, ils leur envoient un colis.
Et à l'intérieur de ce colis se trouve une lettre, mais pas seulement. Il y a également une partie de l'auriculaire gauche du baron. L'auriculaire, c'est le petit doigt.
Les ravisseurs réclament également une somme gigantesque en guise de rançon. Commencent alors des semaines de négociations entre la famille, les ravisseurs et la police.
Pendant ce temps, personne ne sait où se trouve Empain. Les jours passent, puis les semaines, un mois et au bout de deux mois de captivité pour le baron, une opération est finalement organisée autour de la remise de rançon. Nous sommes dans la nuit entre le 24 et le 25 mars.
La police intervient sur l'autoroute au sud de Paris et l'un des ravisseurs est arrêté. Un autre va être tué au cours de l'opération. L'homme arrêté finit par demander à ses complices de libérer l'otage. Et le 26 mars 1978, après 63 jours de captivité, Édouard-Jean Empain est finalement libéré. Il est abandonné auprès d'une route
et parvient, par ses propres moyens, à rejoindre la civilisation. Physiquement, il va assez bien, mais en revanche, psychologiquement, l'expérience l'a profondément transformé.
Et surtout, il découvre également quelque chose de douloureux. Pendant sa disparition, son entourage professionnel a commencé à imaginer l'avenir sans lui.
Il dira plus tard que cet épisode a modifié sa vision des autres et de sa propre vie. Quelques mois après sa libération, plusieurs membres du groupe responsable de son enlèvement ont été arrêtés, mais cette affaire reste l'un des kidnappings avec demande de rançon les plus célèbres de l'histoire de France.
L'histoire suivante est celle de Guy Georges le tueur de l'Est parisien. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cette affaire qui est assez connue ?
Nous sommes cette fois dans les années 1990. Plusieurs jeunes femmes sont agressées dans Paris. Et les crimes ont des points communs. Mais pendant longtemps, les différents dossiers ne sont pas suffisamment rapprochés. Le criminel continue donc d'agir. Les médias vont finir par lui donner un surnom : le tueur de l'Est parisien. Entre 1991 et 1997, sept jeunes femmes sont assassinées.
D'autres femmes sont agressées, mais survivent. Le problème, c'est que la police n'a toujours pas de nom. Mais une évolution scientifique est en train de changer complètement les enquêtes : l'ADN. Sur plusieurs scènes de crime, les enquêteurs disposent de traces biologiques.
Les analyses montrent donc progressivement qu'un même homme est impliqué dans plusieurs affaires. Pour la première fois, la police possède une carte d'identité biologique d'un tueur sans connaître son identité réelle. Cette enquête va également montrer les limites du système français de l'époque. L'homme recherché avait déjà été condamné pour violences.
La justice connaissait son nom, mais personne n'avait fait le lien entre cet homme et le profil ADN recherché. Finalement, en mars 1998, les enquêteurs identifient un suspect, Guy Georges. Une photographie récente est distribuée aux policiers.
Et le 26 mars 1998, peu avant 13h00, les policiers le repèrent près de la station de métro Blanche. Il est arrêté dans l'heure et la chasse à l'homme est terminée. Mais le procès réserve une scène spectaculaire. En 2001, Guy Georges est jugé à Paris. Il nie d'abord une partie des crimes et puis, au cours du procès, il finit par reconnaître les meurtres. Le 5 avril 2001,
il est condamné pour sept assassinats à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Là, je vous l'ai peut-être déjà dit dans d'autres vidéos, c'est assez intéressant. En France, quand on parle de perpétuité, c'est en réalité 30 ans de réclusion, donc 30 ans de prison maximum. L'affaire Guy Georges aura
des conséquences importantes. Elle montre à quel point il est important de lier les affaires entre elles. Et surtout, elle illustre la puissance d'une technologie qui va devenir incontournable dans les enquêtes criminelles, l'identification par l'ADN.
Une technologie qui nous conduit directement à notre dernière histoire du jour, parce que dans cette affaire, la police possédait également l'ADN du criminel.
Mais il lui faudra 35 ans pour découvrir son nom. Le 5 mai 1986, une petite fille de 11 ans, appelée Cécile Bloch, quitte l'appartement familial pour aller à l'école. Malheureusement, elle n'arrivera jamais en classe. Quelques heures plus tard, son corps est découvert dans le sous-sol de son immeuble parisien.
Mais des témoins ont aperçu un homme et plusieurs d'entre eux décrivent notamment la peau de celui-ci qui serait marquée par des imperfections ou par des cicatrices.
Les enquêteurs lui donnent alors un surnom qui va persister pendant plus de 35 ans : le Grêlé. Un portrait robot est diffusé et la police cherche cet homme partout, mais sans succès.
Puis d'autres sont progressivement reliés à ce même criminel. En avril 1987, dans le quartier du Marais, à Paris, Gilles Politi et Irmgard Muller, une jeune Allemande, sont assassinés. Le même homme est également lié à plusieurs affaires d'agressions sexuelles. Les enquêteurs récupèrent son ADN, mais à l'époque, posséder l'ADN
d'un criminel ne suffit pas. Il faut encore avoir quelqu'un avec qui le comparer. Et le Grêlé n'est pas dans les fichiers. Les années passent, 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans, 30 ans.
Des générations de policiers travaillent sur cette affaire. Des centaines de pistes sont vérifiées, mais personne ne parvient à donner un nom à cet homme. Puis, une hypothèse commence à prendre de plus en plus d'importance. Lors de certains crimes, l'homme aurait adopté un comportement qui faisait penser à quelqu'un qui connaissait les méthodes de la police.
Il aurait notamment réussi à rassurer certaines victimes ou certains témoins en se présentant comme une personne représentant l'autorité, faisant partie de la police.
Alors, les enquêteurs se posent une question : "Et si le Grêlé avait lui-même travaillé dans les forces de l'ordre ?" En 2021, la juge d'instruction, Nathalie Turquet, décide d'explorer cette piste. D'anciens gendarmes ayant travaillé en région parisienne à l'époque, sont convoqués afin de donner leur ADN. Parmi eux se trouve un homme de 59 ans.
Il s'appelle François Vérove. Ancien gendarme, puis ancien policier. Il va recevoir une convocation pour donner son ADN, mais il ne se présente pas et il va même disparaître.
Sa femme va signaler son absence et le 21 septembre 2021, François Vérove est retrouvé mort dans un appartement au Grau-du-Roi, dans le sud de la France. Il s'est suicidé et avant de mourir, il a laissé une lettre à sa femme. Dans cette lettre, il reconnaît avoir commis des actes criminels dans sa jeunesse, mais il ne donne pas précisément le nom de toutes ses victimes.
À ce stade, il reste donc une vérification essentielle. Les enquêteurs vont prélever son ADN et vous vous en doutez, une fois la comparaison faite, elle a bien révélé que François Vérove, donc ex-gendarme, ex-policier, était bien le Grêlé. Après 35 ans d'enquête, l'un des criminels les plus recherchés de France vient d'être identifié. Et donc, en réalité,
pendant toute une période où la police recherchait l'identité du Grêlé, celui-ci faisait partie des forces de l'ordre. Mais l'histoire ne s'arrête pas complètement en 2021.
Comme Vérove est mort avant d'avoir pu être interrogé, les enquêteurs ne savent pas exactement combien de crimes il a commis. Et encore aujourd'hui, de nouvelles affaires sont comparées à son parcours. Aujourd'hui, en 2026, la police continue d'enquêter sur des affaires qui pourraient lui être attribuées. Une expertise récente a d'ailleurs
renforcé les soupçons concernant un crime commis en 1990. Après 35 ans, même si on sait désormais qui est le Grêlé, on ne sait toujours pas exactement tout ce qu'il a fait.
Voilà, nous arrivons au bout de cette vidéo et de ces 10 histoires criminelles qui ont marqué l'histoire de Paris. J'espère que cette vidéo vous a plu, que vous avez aimé pratiquer le français avec cette thématique et que vous avez pu apprendre plus de vocabulaire grâce à ces sujets qui, malgré tout,
étaient assez variés puisqu'on avait une histoire de kidnapping, une histoire d'empoisonnement, des histoires de meurtres, etc. Si vous avez aimé cette vidéo, bien sûr, mettez un "j'aime" et abonnez-vous si vous voulez continuer à pratiquer votre français avec moi.
N'oubliez pas ce que je vous ai dit en début de vidéo. Vous avez sept jours d'essais gratuit sur mon cours en ligne, 360 French Immersion. Et dès aujourd'hui, vous pouvez commencer à discuter avec Jean, la grenouille qui vous accompagne dans votre pratique du français et vous pouvez discuter avec lui de ce que vous avez vu aujourd'hui,
du nouveau vocabulaire que vous avez appris ou de totalement autre chose si vous voulez pratiquer votre français sur un sujet différent. Vous avez le lien de connexion en description de la vidéo et je vous dis à très vite.
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